Face à la suspension judiciaire de son douzième congrès, l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire a tenu une assemblée extraordinaire le 25 février 2026. Cette crise unjci a abouti à la prorogation par acclamation des mandats des dirigeants actuels afin d’éviter une mise sous administration provisoire de l’organisation après l’échéance du 26 février à minuit.
- Pourquoi la justice a suspendu le 12ème congrès de l’UNJCI
- 25 février 2026 : un congrès extraordinaire sous haute tension
- Risques et légalité de la gestion de crise actuelle
- Quel avenir pour la faîtière après le 26 février ?
Pourquoi la justice a suspendu le 12ème congrès de l’UNJCI
L’effervescence électorale a brutalement laissé place à une bataille juridique devant les tribunaux.
Les griefs du Collectif sur l’éligibilité des candidats
Le “Collectif des journalistes pour le respect des textes” n’a pas fait dans la dentelle pour marquer cette crise unjci. Ils ont balancé une assignation en référé pour bloquer net la machine électorale. Leur but ? Protéger les statuts de l’Union coûte que coûte.
Au cœur du scandale : l’incompatibilité de fonctions. Des candidats traîneraient des casseroles, occupant des postes politiques interdits. Pour les plaignants, ce mélange des genres crée un conflit d’intérêts intenable.
- Incompatibilité de fonction
- Non-respect des critères d’ancienneté
- Absence de démission préalable des postes administratifs
Le juge des référés a tranché sans trembler. La suspension immédiate du congrès a été ordonnée pour éviter un gâchis irréparable. Forcément, l’ambiance chez les journalistes est devenue électrique, presque irrespirable.
Cette décision fige brutalement le calendrier électoral. Tout le processus se retrouve désormais coincé dans les tiroirs de l’autorité judiciaire ivoirienne.
C’est l’aveu d’un échec cuisant pour les médiations internes. Faute d’accord, la justice devient le seul arbitre de ce pugilat médiatique.
L’enquête de la CIJP sur le cas Franck Ettien
La Commission paritaire de la carte d’identité de journaliste professionnelle (CIJP) entre en scène. Elle fouille les dossiers de Franck Ettien pour vérifier la validité de ses documents. Son éligibilité cristallise les colères.
Les soupçons de faux et usage de faux empoisonnent l’air. L’authenticité des pièces fournies pour obtenir la carte professionnelle est sérieusement mise en doute. Ses adversaires attaquent frontalement son statut de journaliste professionnel.
Une fraude avérée ferait tomber toute la liste d’un coup. Ce risque de disqualification fragilise sérieusement le candidat face au Conseil d’Administration. La pression monte d’un cran supplémentaire.
Franck Ettien balaie vigoureusement ces accusations. Il dénonce une manœuvre de déstabilisation politique grossière, orchestrée juste avant le scrutin.
25 février 2026 : un congrès extraordinaire sous haute tension
Mais face à l’urgence du calendrier, les journalistes se sont réunis dans une ambiance électrique pour décider du sort de leur organisation.
Le vote par acclamation pour proroger les mandats
L’ambiance était électrique à la Maison de la Presse ce 25 février. Les forces de l’ordre sécurisaient massivement les lieux pour éviter tout débordement. Les partisans des différents camps s’affrontaient verbalement.
Le recours au vote par acclamation a été privilégié. Cette méthode visait une validation rapide de la prorogation des mandats. Le bureau sortant a ainsi obtenu un sursis nécessaire. Cela s’est fait malgré les contestations bruyantes de l’assemblée.
Les divisions étaient profondes durant ce vote. Certains criaient au déni de démocratie totale et d’autres saluaient une mesure de salut public indispensable. L’unité de la corporation semblait voler en éclats.
La séance fut brève mais intense. Le résultat tomba sous des sifflets nourris.
Ce vote ne règle rien au fond. Il offre juste un répit technique.
Le rôle du Conseil d’Administration face au vide juridique
Bertin N’Guessan, président du Conseil d’Administration, a pris ses responsabilités. Il fallait agir avant l’échéance légale du 26 février. Le risque de vacance du pouvoir devenait trop réel.
Marie-Laure N’Goran et sa liste Nouvelle Vision contestent cette légitimité. Pour eux, cette convocation extraordinaire bafoue les règles. Ils estiment que les procédures n’ont pas été respectées.
| Position | Argument principal | Risque identifié |
|---|---|---|
| Conseil d’Administration | Continuité des instances | Vacance du pouvoir |
| Nouvelle Vision | Respect strict des textes | Procédure illégale |
| Collectif | Éligibilité des candidats | Fraude documentaire |
Voici les positions qui s’affrontent actuellement. Chaque camp défend une vision différente de l’avenir. Le tableau ci-dessus résume les enjeux majeurs de cette crise. La situation reste bloquée.
L’impasse persiste aujourd’hui. Le Conseil d’Administration maintient sa position pour éviter une mise sous administration provisoire.
Risques et légalité de la gestion de crise actuelle
Alors, cette solution d’urgence est-elle vraiment solide sur le plan du droit ?
Analyse de l’article 15 des statuts de l’Union
L’article 15 des statuts de l’UNJCI sert de gilet pare-balles juridique. Ce texte autorise des mesures exceptionnelles quand une crise grave menace l’Union. Le bureau sortant s’accroche à ce bouclier.
Mais cette lecture pose question. L’absence de scrutin classique reste une anomalie flagrante. Les juristes doutent qu’une simple acclamation puisse légalement évincer le vote secret prévu par les textes fondamentaux de la faîtière.
Le vrai danger réside dans une jurisprudence bancale. Si cette méthode s’installe elle servira d’excuse à chaque blocage futur. Cela fragiliserait durablement la stabilité démocratique des journalistes de Côte d’Ivoire.
La justice peut encore tout balayer. Le feuilleton judiciaire entamé le 20 février est loin de connaître son épilogue définitif.
La menace d’une mise sous administration provisoire
Le spectre d’une autorité extérieure plane sur la Maison de la Presse. Si le blocage persiste une autorité prendrait les commandes. Ce serait un aveu d’impuissance pour toute la corporation.
Une mise sous tutelle stopperait net les activités habituelles. Les partenaires financiers et étatiques risquent de geler leurs appuis vitaux en attendant un retour au calme. La crédibilité de l’UNJCI est en jeu.
Une médiation de la dernière chance menée par les sages semble indispensable pour éviter le pire. Sans consensus réel l’organisation s’expose à une paralysie totale après la date butoir.
Les journalistes de base s’inquiètent. Ils redoutent de perdre leur principal outil de défense professionnelle.
L’image du journalisme ivoirien sort déjà sérieusement écorchée de ces affrontements internes permanents.
Quel avenir pour la faîtière après le 26 février ?
Donc, au-delà des textes et des procédures, comment l’Union peut-elle retrouver sa sérénité ?
Les tentatives de médiation du Conseil des Sages
Les anciens présidents ne restent pas passifs. Réunis en Conseil des Sages, ils tentent de concilier les positions. Leur autorité morale reste l’ultime rempart contre l’implosion de l’Union.
Les sages multiplient les initiatives concrètes pour apaiser la situation :
- Rencontres individuelles avec les candidats
- Proposition de calendrier électoral consensuel
- Appel au calme dans les rédactions
La cohésion interne demeure le socle nécessaire. L’unité garantit la force de frappe syndicale. Les sages privilégient le dialogue franc plutôt que l’affrontement judiciaire permanent.
Pourtant, les lignes bougent difficilement. Les ego et les ambitions personnelles freinent encore les discussions.
L’impact du conflit sur la crédibilité des journalistes
L’État et les partenaires internationaux scrutent ce désordre avec inquiétude. La capacité des journalistes à s’auto-gérer est aujourd’hui remise en question. Le spectacle offert nuit gravement à l’image.
La Fédération Internationale des Journalistes s’inquiète de ces dérives. Une instabilité prolongée isolerait l’UNJCI sur la scène mondiale. Les organisations sœurs redoutent une contagion de la crise en Afrique. C’est tout l’écosystème médiatique qui tremble.
Le risque de rupture avec le public est réel. Les citoyens exigent une presse exemplaire dans sa gestion.
Un sursaut collectif s’impose pour sauver l’essentiel. L’avenir de la faîtière dépendra de sa capacité à se réformer.
Cette crise unjci souligne l’urgence d’un dialogue sincère pour préserver l’indépendance de la corporation et restaurer une crédibilité sérieusement fragilisée. Tandis que les médiations se poursuivent, l’avenir de l’institution dépendra désormais de la capacité des journalistes ivoiriens à s’unir pour transformer cette épreuve en un véritable levier de renouveau démocratique.
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